Les dangers du Naïkan

 

 

Les dangers du Naïkan.


Le Naïkan ne présente aucun danger en soi, contrairement à la psychanalyse. Pour justifier cette affirmation, il convient de faire un parallèle entre les deux techniques : origine, concepts de base, reconnaissance légale et résistances.

 

1. Le Naïkan s'appuie sur le Bouddhisme, un message philosophique stable et clair, ainsi que sur une expérience thérapeutique de plus de 2.500 ans (900 ans dans le cas spécifique du Naïkan, au sein des médecines bouddhiques).

 

Le Naïkan s'appuie sur le Bouddhisme, notamment la doctrine du "non-soi" (l'ego est vu comme une manifestation pathologique) et le principe de "vacuité" des phénomènes (ils sont vides d'existence propre). Il présente un ensemble philosophique cohérent et stable depuis au moins 2.500 ans. Il est donc aisé de distinguer, dans la technique Naïkan, les fondamentaux intellectuels intervenant dans le processus de restauration de la santé psychique. Le pratiquant présente un écho favorable aux concepts utilisés ou les rejette, ainsi que par conséquent la technique. On peut donc dire que le Naïkan est transparent, qu'il n'avance pas masqué. De plus, le Naïkan n'est pas "reconnu" par les autorités publiques, ni remboursé par les organismes payeurs de sécurité sociale. Le praticien de Naïkan doit faire ses preuves et ne jouit pas d'une rente de situation. Sa réputation n'est donc que le résultat de patients satisfaits de son action. 

 

A proprement parler, il n'existe pas de "dangers intrinsèques" du Naïkan, puisqu'il vise au lâcher-prise nécessaire à la valorisation des aspects positifs de l'existence. Toutefois, la résistance - comme en psychanalyse - peut être un obstacle. La résistance du pratiquant lui-même ne se produit ici jamais (au contraire de la psychanalyse), puisqu'il est le principal acteur du processus mise en oeuvre par le Naïkan et qu'il le dirige lui-même. La résistance de l'entourage est plus à craindre. En effet, il n'a pas rare d'observer des crises psychiques, allant jusqu'aux menaces verbales et physiques à l'encontre de l'enseignant, de celui ou celle qui, dans l'entourage du pratiquant, tire plus ou moins parti de son état pathologique. Tout individu se trouve lié dans un filet relationnel, "empoisonné" selon l'enseignement du Bouddha, par la pathologie mentale de l'égocentrisme. Parce qu'il sape à la base le processus d'auto-victimisation alimentant l'ego, le Naïkan ouvre la voie à la responsabilité personnelle, libérée de tout attachement et de toute névrose issus du passé.

 

Or, cette libération des entraves, qui trouvent leur origine parfois dans l'entourage familial ou relationnel, peut être vécu douloureusement par celui ou celle à qui profite l'enchaînement du patient. On verra ainsi tel ou membre - de la famille ou du cercle amical - exercer une contrainte sur le pratiquant, dans le but de le maintenir dans les automatismes pathologiques dont il entend profiter, au détriment de sa victime. Un cas vécu est celui d'un homme, dont le frère a sciemment sabordé la thérapie comportementale, provoquant une évolution négative rapide de son état de santé (refus des médications pharmaceutiques, rechute dans des états alcooliques profonds et dans les obsessions sexuelles, maintien dans un état de paranoïa aiguë, etc). Cette stratégie du pire aura certainement favorisé les conditions de son décès accidentel, sur fond de laxisme xénophobe des autorités publiques. Il est vrai que son frère, un individu rustre ayant fait fortune comme débitant de boissons et de tabacs, avait pris soin de se faire faire un généreux testament, jouant sur les troubles psychologiques du patient (troubles qu'il entretenait). Il s'agit ni plus ni moins d'un meurtre indirect, que le Code pénal ignore, motivé ici par l'argent et rendu possible par un égocentrisme .

 

Les résistances externes sont, comme dans le cas similaire du "Reiki traditionnel", une des causes premières d'abandon du processus thérapeutique dans le Naïkan. Elles doivent être identifiées et prises en compte dès le début de la pratique, sous peine de surgir de manière exacerbée en cours de processus. A défaut, il n'est pas rare que des pratiquants doivent opérer un choix : soit celui d'avancer dans la thérapie, soit celui de rester sous l'emprise d'un proche manipulateur. Ce dualité doit pouvoir être anticipée et gérée au mieux, quitte à faire le deuil de la relation avec le proche (ce qui est toujours regrettable et dommageable). Dans ce cas extrême, on voit à quel point le tissu relationnel peut constituer un véritable poison, que le Bouddhisme désigne du terme de "faux amis". 

 

 

 

2. La psychanalyse est le fruit des conceptions personnelles de Freud et de ses successeurs, un ensemble de croyances mouvant, sans cohérence et relativement non prévisible ; l'expérience thérapeutique qui en découle est très récente, sans postulat scientifique et sans étude clinique concluante. 

 

Le moins que l'on puisse observer est que la psychanalyse avance totalement masquée, sur fond de respect institutionnel du médecin. Pourtant, que savons-nous de son origine réelle ? De ses fondamentaux ? La conduite, les actes, le sujet sont des aspects souvent mis en avant. On doit pouvoir ajouter les premiers travaux de Freud, sur la sexualité infantile, qui sont le point de départ de sa technique. D'autres notions interviennent également par la suite comme le transfert, la compensation, l'inconscient, etc. L'ensemble doctrinal de la psychanalyse est en formulation. Il n'est pas clair (les notions ne sont pas définies avec précision), il n'est pas cohérent (des notions s'opposent, avec des écoles diverses) et il ne renseigne pas sur son origine et son orientation. De plus, la psychanalyse est incompatible avec toutes les religions institutionnelles, malgré des tentatives de "psychanalyser" le message des traditions religieuses. 

 

Que savons-nous des origines intellectuelles du Freudisme ? René Guénon, et sa suite Hadés, dans son "Psychanalyse, sacrement du diable", ont souligné les "charges anti-traditionnelles" de la psychanalyse, qui entend notamment donner un sens propre aux mythes et aux fondamentaux des civilisations. En ce sens, la psychanalyse se présente comme une "religion universaliste", à l'image de l'Islam, les englobant toutes et leur donnant un sens nouveau. S'il est connu que l'Islam est le fruit de la révélation faite au Prophète Mohamed dans la perspective du monothéisme abrahamique, quelles sont les sources de Freud ? S'agit-il d'une religion ou d'un spiritualisme dans le cas de la psychanalyse ? Quelle est sa perspective ?  

 

René Guénon la dénonce comme le fruit du matérialisme le plus grossier et souligne deux points : - la psychanalyse s'appuie sur une inversion du psychique et du spirituel (ce qui est symptomatique de la pensée moderne), tout comme le spiritisme, dont il est contemporain et concurrent (utilisant les mêmes "recettes" évocatoires) ; - les symptômes mentaux y sont classés dans une hiérarchie inversée, la religion (avec ses aspects initiatique et mystique) étant rejetée comme du domaine du pathologique. C'est à ce titre, et parce qu'elle procède du matérialisme le plus violemment anti-traditionnel, que la psychanalyse a reçu dès son origine l'appui des autorités publiques modernes, comme le souligne René Guénon, à une époque où ces dernières sont animées en sous-main par des groupes occultistes et spiritualistes. Comme le faisait remarquer le philosophe français Didier Eribon du caractère sectaire et même "totalitaire" de la psychanalyse : « ... Sa diffusion massive dans toutes les sphères sociales a fait de la psychanalyse une sorte d'évidence partagée par tous, et le socle le moins interrogé du sens commun : on n'imagine plus qu'un lapsus puisse n'être révélateur de rien. Ou qu'œdipe soit de la foutaise. Et c'est bien parce que le Freudisme est dans toutes les têtes que les psychanalystes peuvent exercer leur magistère : la culture prépare les esprits à accepter leur discours et leurs verdicts. Ce que disent les analystes est reçu d'avance. On regarde le passé, le présent, les aléas de l'existence... à travers leurs yeux et leurs concepts. Par conséquent, alors que les psychanalystes aiment à parler d'une résistance à la psychanalyse, il est évident que c'est plutôt le contraire qui se produit aujourd'hui : une résistance profonde, et largement répandue, à toute critique de la psychanalyse, et plus encore à toute tentative de récuser le mode de pensée analytique ... ».

 

De plus, on doit souligner qu'aucune évaluation scientifique du Freudisme n'a jamais été produite en appui de sa reconnaissance par les autorités de santé, et même son remboursement par les organismes de protection sociale. La psychanalyse bénéficie d'une bienveillance curieuse. Pourtant elle n'apparaît à l'analyse que comme une "croyance" (moderne), sans aucun base scientifique, ni effet clinique démontré. On doit remarquer, de plus, qu'elle procède sur la base de l'inversion (voir plus haut), ce qui est le propre, d'un point de vue traditionnel, du "satanisme" à proprement parler. Cette inversion des symboles est assez symptomatique de ce que Guénon désigne de "nomadisme dévié", et dont la caractéristique est de mettre en oeuvre les résidus des divers "réservoirs psychiques" d'un point de vue extérieur et ceux des strates les plus inférieures du psychisme, d'un point de vue intérieur, conformément à la doctrine traditionnelle des états multiples de l'être

 

La résistance naturelle du sujet à cette inversion a été manifeste dès les débuts de la cure psychanalytique. Freud, y voyant un handicap au succès de sa méthode, a tenté de retourner le processus de défense de la conscience en la qualifiant de "phase nécessaire au transfert". Le psychanalysé refuse "instinctivement" la régression de sa conscience dans des enchaînements causaux antérieurs. Elle est réputée comme déstructurante et dissolvante par les religions, jusqu'à conduire à la désagrégation des composantes du psychisme (dans le Bouddhisme). L'état qui en résulte est même qualifié de "possession" (démoniaque, c'est à dire "anti-symbolique"), notamment dans la démonologie traditionnelle.

 

Dès lors, pour continuer le processus, le psychanalyste n'a de choix que de donner une autre acception à la résistance : elle est qualifiée de "comportement infantile" et de "résistance à la nouveauté", et se trouve ainsi valorisée comme un progrès dans la thérapie. Le patient se trouve, étape par étape du processus de désagrégation de son psychisme, de plus en plus pieds et poings liés au psychanalyste. Ce dernier est vu comme une "autorité, à qui le psychanalysé donne toute liberté de le conduire dans les strates les plus inférieures de sa conscience. Il est vrai que l'on rencontre, dans la mystique traditionnelle, ce processus de descente, comme par exemple dans "La Divine Comédie" de Dante ou l'exposé des "Trois Sciences" du Bouddha. Ritualisée dans l'initiation, cette "descente ad-infernis" vise à "épuiser" les tendances inférieures, comme l'égoïsme, et toutes les perversités. Il s'agit alors de les "éteindre" et non de leur redonner vie pour renforcer l'impression d'ego, comme le fait la cure psychanalytique.

 

Ce grief est le principal défaut de la psychanalyse : on peut lui reprocher d'opérer un "revival" ou une évocation (quasi-ritualisée, et même ritualisée de manière inversée - d'où le caractère proprement satanique de la technique de Freud) des traumatismes et des sous-personnalités du passé, conduisant à un effet obsessionnel (et même possessionnel) sur la conscience du psychanalysé. Ne se trouvent plus valorisées que les expériences négatives, avec leur charge émotionnelle elle aussi négative. Si on ajoute que le but avoué de ce rite est de renforcer l'impression d'ego, on ne peut conduire qu'à un caractère "inversé" de la psychanalyse, dont l'objectif est finalement la mort psychique du sujet. Orienté sur les mémoires traumatiques, illusionné par une impression de moi reconstruite sous l'influence perverse du psychanalyste, le psychanalysé est alors apte à se soumettre à toutes les conditions aliénantes du matérialisme moderne, puis à se tourner vers les spiritualismes contemporains. La psychanalyse se révèle, comme le notait René Guénon, une porte d'entrée dans le spiritisme, dont il est un des aspects pseudo-thérapeutiques, ou la théosophie, devenue de nos jours le "new-age". Une étude plus approfondie permet de conclure à une négation des arcanes du monothéisme, la psychanalyse visant directement le prophétisme abrahamique, pour en invalider la valeur.  

 

 

C'est là que s'opère toute la distinction entre le Naïkan et la psychanalyse. Le Naïkan est un processus de valorisation des conditions positives de l'existence. Sur cette base, le praticien est amené à se libérer de la notion d'ego, qui l'entrave et le limite, puis à expérimenter les "états supérieurs" (lumineux) de la conscience, sources de libération ultime. La psychanalyse vise, en sens inverse, à produire un individu matérialiste, imbu de son ego fantasmatique, pour l'orienter vers les "états inférieurs" (ténébreux) de la conscience et les mémoires morbides qui y résident. C'est là ce qui distingue une religion d'une contre-religion, une initiation d'une contre-initiation, le mystique véritable du spiritualisme, la spiritualité authentique du satanisme et la liberté ultime de l'enfermement matérialiste.