Les cours de Naïkan

 

 

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Les cours de Naïkan.


Deux approches sont possibles dans l’étude du Naïkan :

- une approche pratique, qui se suffit à elle-même et évacue toute doctrine et toute explication ;

- une approche intellectuelle, qui nécessite de retourner aux sources japonaises, pour trouver le cadre doctrinal et les explications de la méthode.

 

 

Nous intégrons ces deux approches dans nos cours de Naïkan en proposant aux étudiants :

- soit d’acquérir la technique, sans explication mais contre la promesse de ne construire aucune doctrine personnelle et de ne chercher aucune explication (c’est ce que l'on appelle “l’approche en aveugle ou japonaise”) ;

- soit d’acquérir une formation intellectuelle et technique, avec des explications dans le cadre nippon, au regard du Bouddhisme (c’est ce que l'on appelle “l’approche occidentale”). Le Bouddhisme ici considéré est la philosophie du Bouddha, mais sous sa forme spécifiquement japonaise, le Jodo Shinshu (6), enseigné par Maître Shinran (1173-1263), et qui est l'école bouddhiste majoritaire au Japon (comme indiqué plus haut).

 

 

Les cours s'étendent, en théorie, sur quatre à cinq week-ends sur un an, dont deux sont consacrés à l'étude de la doctrine bouddhique (1er grade), un à celle des spécificités du Jodo Shinsu (2nd grade), et un à deux à celle de la méthode (3ème grade). Seuls en Europe à être dispensés en langue française, avoir effectué le cycle complet de séances est un pré-requis obligatoire pour l'accès aux cours. Chaque grade est sanctionné par un examen, attestant que les notions ont été comprises, étudiées et également réalisées.


Il ne s'agit donc pas d'un enseignement seulement académique, à visée intellectuelle, mais d'un art de vivre, où l'étudiant doit faire les preuves qu'il a réalisé les fondements du Naïkan, en accompagnant l'enseignant dans son action pendant une durée de six mois. Cette manière d'enseigner, qui prend donc au minimum 18 mois, est typiquement japonaise. Elle est la condition de la transmission du Naïkan. De fait, je n'ai jamais formé aucun étudiant au cycle complet. Cette exigence explique le peu de diffusion du Naïkan et devra certainement conduire à reformuler les exigences de maîtrise pour les enseignants. 


 

Les enseignants japonais de Naïkan se gardent bien de spéculer sur les mécanismes psychologiques qui font que "ça marche". On constate simplement le pouvoir guérisseur de la méthode, sans chercher à se l’approprier en le forçant dans un schéma théorique. Ce désintérêt pour les concepts abstraits et théoriques émane de la mentalité bouddhiste traditionnelle. C'est un signe d’humilité véritable, rafraîchissant pour quelqu’un originaire du pays le plus intellectuellement arrogant et condescendant qui soit, la France. Le fait que le Naïkan soit entièrement orienté vers la pratique et libre de tout cadre théorique est ce qui le rend véritablement universel. Il peut s’intégrer à toutes les cultures et toutes les croyances religieuses, y compris l'athéisme (qui est bien une croyance, comme il faut le rappeler).


 


 

 

 

 

 

Note. 

(6) Sur le thème du Bouddhisme Jodo Shinshu, lire l'article de Dennis Gira, un auteur catholique, "Une mystique bouddhique des pauvres" dans "Chemins de Dialogue", n°6, 1995, pp. 109-127. Lire en ligne à : http://istr-marseille.cef.fr/Pages/CdD/CdDs/CdD06/gira.htm